Que mange le cheval : alimentation de base, quantités et aliments à éviter

Un cheval mange principalement de l’herbe, du foin et des fourrages, avec de l’eau propre à volonté en permanence. Ces aliments constituent la base indispensable de la ration cheval, quelle que soit la discipline ou le mode de vie de l’animal. Les céréales, granulés et compléments alimentaires ne sont utiles qu’en fonction de l’âge, de l’activité, de l’état corporel ou de besoins spécifiques identifiés. Cet article explique les aliments de base, les repères de quantité, les différences selon la saison et le logement, ainsi que les erreurs fréquentes à éviter.
L’herbe et le foin : les piliers de l’alimentation du cheval
Le fourrage est la base de l’alimentation du cheval. C’est autour de lui que se construit toute ration équilibrée, qu’il s’agisse d’un cheval au pré ou au box.
L’herbe de pâturage est l’aliment naturel du cheval. Un accès au pré permet à l’animal de brouter librement, ce qui correspond à son mode de vie naturel : le cheval est fait pour se déplacer et s’alimenter en continu, de petites quantités tout au long de la journée. Une prairie de bonne qualité peut couvrir une large part des besoins d’un cheval à faible activité.
Le foin est le fourrage de référence lorsque l’herbe n’est pas suffisante ou accessible. Il prend le relais en hiver, en stabulation ou en période de sécheresse. La qualité du foin est primordiale : un foin trop poussiéreux, mal conservé ou moisissureux est dangereux. Un bon foin est vert, odorant et exempt de moisissures. Il peut être distribué à volonté ou en plusieurs fois dans la journée.
La paille peut compléter la ration en fourrage grossier, notamment pour les chevaux au box. Elle est peu nutritive, mais riche en fibres, ce qui occupe l’animal et limite les comportements stéréotypés liés à l’ennui. Elle ne peut pas remplacer le foin sur le plan nutritionnel.
Les repères de quantité pour bien doser la ration
Sans entrer dans une ration trop technique, quelques repères simples permettent d’éviter les erreurs les plus courantes.
On recommande généralement de fournir environ 1,5 à 2 % du poids vif du cheval en matière sèche de fourrage par jour. Pour un cheval de 500 kg, cela représente environ 7,5 à 10 kg de foin par jour, à adapter selon la qualité du foin, l’accès au pâturage et le niveau d’activité de l’animal.
Un cheval qui travaille intensément, qui est en croissance, en gestation ou qui prend du poids insuffisamment, aura des besoins supérieurs. À l’inverse, un cheval facilement obèse devra être rationné avec soin. L’état corporel est le meilleur indicateur à observer au quotidien.
Ce que mange un cheval au pré, au box et en hiver
Le lieu de vie influence directement ce que mange le cheval et comment sa ration est organisée.
Au pré, le cheval peut couvrir une bonne partie de ses besoins en broutant, surtout au printemps et en automne quand l’herbe est abondante. Il faut veiller à ne pas laisser un cheval sensible accéder à une prairie très riche en sucres au printemps, sous peine de provoquer des fourbures. En été, quand l’herbe est sèche, un complément en foin peut être nécessaire.
Au box, le cheval ne peut pas brouter et dépend entièrement des distributions. Il faut prévoir plusieurs repas de foin par jour pour respecter son système digestif conçu pour un transit continu. Distribuer tout le foin en une seule fois entraîne un jeûne entre deux repas qui peut favoriser les ulcères gastriques et les comportements anxieux.
En hiver, l’herbe se raréfie ou disparaît totalement. Le foin devient alors la base exclusive de l’alimentation. Les besoins énergétiques augmentent légèrement avec le froid pour maintenir la température corporelle. Il faut également s’assurer que l’eau n’est pas gelée : un cheval qui ne boit pas risque rapidement les coliques.
Céréales, granulés et compléments : quand en donner ?
Les concentrés ne sont pas indispensables pour tous les chevaux. Pour un cheval de loisir en bonne santé et à faible activité, le fourrage seul peut suffire.
Les céréales (avoine, orge, maïs) apportent de l’énergie rapidement disponible. Elles sont utiles pour les chevaux qui travaillent beaucoup, les juments allaitantes ou les chevaux en reprise de poids. Elles doivent être données en petites quantités et jamais en une seule grande ration, car une surcharge de céréales peut provoquer des troubles digestifs graves.
Les granulés et les mash sont des aliments composés formulés pour répondre à des besoins précis : croissance, performance, senior, convalescence. Ils simplifient la gestion de la ration, mais leur composition doit être vérifiée pour éviter les doublons avec d’autres apports.
Les compléments (vitamines, minéraux, oligo-éléments) ne sont utiles que si la ration de base présente des lacunes identifiées. Un fourrage de qualité et un sel minéral en libre accès suffisent souvent à couvrir les besoins d’un cheval ordinaire.
Eau, sel minéral et minéraux : les indispensables oubliés
L’eau propre est une priorité absolue. Un cheval adulte boit entre 25 et 50 litres par eau par jour selon la température, l’effort et le régime alimentaire. L’accès à l’eau doit être permanent, propre et non gelée en hiver.
Le bloc de sel minéral en libre accès est fortement recommandé. Il permet au cheval de couvrir ses besoins en sodium et d’autres minéraux que le fourrage seul n’apporte pas toujours en quantité suffisante. Un simple bloc de sel blanc est mieux que rien, mais un bloc minéral complet est préférable.
Friandises et aliments à éviter 🚫
Les friandises cheval comme les carottes, les pommes ou les morceaux de sucre sont appréciés et peuvent renforcer le lien entre l’animal et son propriétaire. Ils doivent rester occasionnels et ne jamais remplacer la ration de base.
Certains aliments sont en revanche dangereux ou totalement inadaptés. La tonte de pelouse fermente très rapidement et provoque des coliques graves. Le pain en excès perturbe la flore digestive. Les aliments moisis peuvent provoquer des intoxications sévères. Le chocolat est toxique pour le cheval. Les pommes de terre, surtout germées ou cuites, sont également à proscrire. Les plantes toxiques comme l’if, le séneçon ou le laurier-rose doivent être absentes des prairies.
Les erreurs fréquentes des propriétaires débutants
Changer l’alimentation trop brutalement est l’une des erreurs les plus dangereuses. Toute transition alimentaire doit être progressive, sur une à deux semaines minimum, pour laisser la flore intestinale s’adapter. Un changement brusque de foin, de céréales ou de pâturage peut provoquer des coliques ou des fourbures.
Distribuer trop de concentrés par rapport au fourrage est une autre erreur fréquente. Le rapport entre fourrage et concentrés doit toujours rester en faveur du fourrage pour préserver la santé digestive.
Oublier l’eau ou le sel est trop courant. Une auge vide ou une eau non renouvelée depuis plusieurs jours peut suffire à provoquer des coliques de déshydratation.
Confondre un cheval maigre et un cheval sous-alimenté peut pousser à suralimenter un animal dont le problème est en réalité dentaire, parasitaire ou pathologique. Avant d’augmenter les rations, il faut toujours vérifier l’état des dents, effectuer une vermifugation et consulter un vétérinaire si nécessaire.
Les règles simples pour bien nourrir un cheval au quotidien ✅
L’alimentation du cheval repose sur quelques principes stables : du fourrage de qualité en quantité suffisante, de l’eau propre à volonté, un sel minéral en libre accès et des concentrés uniquement si les besoins le justifient. La régularité des repas, la qualité des aliments et la surveillance de l’état corporel sont les meilleurs outils pour ajuster la ration au fil du temps.
